Phrase Damorce De Dissertation

L'introduction

Rédiger une introduction de dissertation

La méthode d’introduction proposée ici n’est qu’une méthode parmi d’autres possibles. Cependant, quelle qu’en soit la forme, l’introduction comprend toujours l’annonce du sujet, son analyse succincte, la formulation d’une problématique et l’annonce d’un plan.

La fonction générale de l’introduction est de susciter la curiosité du lecteur, d’attirer son attention. Pensez toujours que c’est la partie la plus importante du devoir ; sa longueur doit être d’une demi-page environ, pour un devoir de quatre à huit pages que vous devez être capable de produire en quatre heures. Vous devez d’abord l’écrire au brouillon, pour la recopier lorsqu’elle vous semble réussie.

L’amorce d’un devoir

C’est la toute première partie du devoir, l’introduction à l’introduction. L’amorce doit toujours susciter l’intérêt du lecteur : imaginez qu’elle doit toujours distinguer votre copie de celles de tous les autres candidats. Pour cette raison, vous devez absolument bannir les formules toutes faites, qui pourraient introduire n’importe quel devoir.

Les formules toutes faites les plus courantes sont : « de tout temps, l’homme s’est posé la question : (énoncé du sujet) », « depuis la nuit des temps », « depuis toujours », « depuis que l’homme est homme », « l’homme a toujours pensé que », etc. En règle générale, les clichés parlent de l’homme, souvent avec une majuscule injustifiée.

La méthode que nous vous proposons pour éviter ce type de fausse introduction consiste à partir non pas d’une proposition très générale qui se présente comme une vérité, mais d’un point très particulier à partir duquel il faudra généraliser. Voici quelques manières de donner à votre devoir de l’intérêt et de la personnalité.

La citation

Cette méthode suppose bien entendu que vous disposiez d’une citation en rapport avec le sujet. Inventer une fausse citation est un pari risqué ; vous avez neuf chances sur dix d’être démasqué, et vous paierez le prix fort de votre malhonnêteté. La citation peut être directement mise en tête du devoir ou elle-même introduite.

L’introduction d’un devoir sur le sujet « Tout savoir est-il pouvoir ? » peut commencer par : « “Science is power”, disait l’auteur du Novum organum, Bacon, le grand restaurateur des sciences » ; ou encore : « Le grand projet de Descartes, sur le point d’établir les fondements de la science, était de nous rendre “maîtres et possesseurs de la nature”. »

Personne n’est contraint de connaître une citation ; on ne vous reprochera pas de n’en mettre aucune en tête de votre devoir. Néanmoins, il sera bien entendu un peu valorisé si vous savez l’y placer avec pertinence.

L’anecdote

Il ne doit en aucun cas s’agir de quelque chose qui vous est arrivé, même si c’est tout à fait exceptionnel et digne d’être relaté. Vous devez présenter l’anecdote comme une observation à valeur universelle, qui peut se rapporter au sujet, même si vous la puisez dans votre expérience personnelle.

Sur le sujet « Qu’est-ce qui, selon vous, peut le mieux unir les hommes : la raison, l’intérêt ou le sentiment ? », vous pouvez commencer de la façon suivante : « On observe parfois dans la vie courante des phénomènes de communication immédiate, irréfléchie, de sentiments comme la peur, la haine, le dégoût, l’enthousiasme, qui se propagent dans une foule ou se transmettent d’un individu à un autre. »

L’anecdote peut ne se rattacher que par un lien assez lâche au sujet : n’oubliez pas qu’elle n’en exprime alors qu’un aspect particulier et que vous devrez ensuite élargir le champ de votre propos.

Le mythe

Les récits de la mythologie forment souvent d’excellentes introductions à un devoir ; pensez également aux mythes, paraboles, comparaisons des dialogues de Platon. Sachez que la parabole de la caverne revient très fréquemment dans les devoirs ; mieux vaut donc l’éviter, à moins qu’elle s’impose tout particulièrement ou à moins de la présenter de manière originale.

Vous pouvez raconter le mythe intégralement, surtout s’il n’est que peu connu, ou vous contenter d’y faire allusion, s’il est très connu. Dans le doute, racontez-le intégralement. Si vous devez le rapporter in extenso, tâchez d’être le plus bref possible.

Sur le sujet « La philosophie est-elle dangereuse ? », vous pouvez amorcer l’introduction de la manière suivante : « Les cigales, raconte Platon dans le Phèdre, sont d’anciens hommes qui chantaient infatigablement du matin au soir, perdant le boire et le manger ; comme ils mouraient de chanter, les muses eurent pitié d’eux, et les changèrent en cigales, pour qu’ils puissent chanter toujours sans en mourir. À l’image des cigales, et par respect pour les hommes qu’elles furent, conclut Platon, le philosophe doit négliger les soins du corps pour se consacrer sans faillir à la recherche de la vérité. »

La difficulté est de savoir rattacher le mythe à un sujet : cela nécessite d’être en mesure d’en donner une interprétation. Vous ne saurez faire cela qu’après vous être exercé(e) à relier chaque mythe que vous connaissez à un maximum de sujets dans une liste donnée.

L’œuvre littéraire

L’ensemble des ouvrages que vous avez pu lire, dans le cadre scolaire ou par vous-même, peut fournir d’excellentes amorces d’introduction. Évitez tout ce qui ne peut faire figure d’ouvrage classique, comme des romans policiers, fantastiques (hors grands écrivains reconnus comme tels), etc. S’y référer est un pari risqué en effet ; ce n’est pas que tous les professeurs de philosophie condamnent cette culture, mais il se peut que votre correcteur soit l’un de ceux qui la condamnent. Puiser dans les classiques, c’est choisir une voie sûre, pas une voie obligée.

Connaissances d’un autre domaine (biologie, mathématiques, physique, histoire, langues…)

La philosophie, vous l’aurez remarqué, est une discipline universelle, qui a des prétentions sur tous les domaines de la connaissance. Faire appel à un savoir personnel dans la discipline concernée par le sujet que vous avez à traiter est souvent un excellent moyen d’introduire un devoir.

Un sujet sur l’histoire peut être introduit par une anecdote ou un grand fait historique qui l’illustre particulièrement bien selon vous ; un sujet sur les mathématiques peut commencer par l’énoncé d’un théorème ou une (courte) démonstration sous forme de phrases ; un sujet sur la physique, par une loi et son interprétation, ou un fait de l’histoire des sciences ; un sujet sur le langage, par une connaissance en langue, vivante ou morte, de préférence originale ou rare.

Amener le sujet

Puisque l’amorce n’est qu’une illustration du sujet, il faut préciser son rapport au sujet ; puisqu’elle ne concerne qu’un aspect particulier du sujet, il faut l’amener dans toute sa généralité. Une transition entre l’amorce de l’introduction et l’intitulé du sujet est donc nécessaire. La transition dépend de la nature de l’amorce.

À partir d’une citation

S’il s’agit d’une citation un peu lointaine par rapport au sujet, précisez le problème. S’il s’agit d’une citation qui concerne précisément le sujet, remettez-la en question, si elle n’illustre qu’une thèse possible du problème ; s’il s’agit d’une citation qui pose le problème ou le sujet précisément, vous pouvez vous dispenser de transition et passer directement à la troisième étape de l’introduction.

Pour le sujet « La croyance religieuse dispense-t-elle de savoir ? », voici ce que donnerait le début d’une introduction possible : « Le Nouveau Testament répète des formules du type : “heureux les pauvres d’esprit, car le royaume des cieux est à eux”, ou encore “Dieu n’a-t-il pas convaincu de folie la sagesse du monde ?” [Fin de l’amorce du devoir.] Cependant, la religion chrétienne a aussi pu développer avec rigueur une véritable foi scientifique, dont le savoir est établi par la théologie. Qu’en est-il des rapports de la foi et du savoir ? [Fin de la transition : ici, transition par contradiction d’une thèse énoncée, ce qui généralise le débat et amène la question.] La croyance religieuse dispense-t-elle de savoir ? [Fin de la première partie de l’introduction.] »

À partir d’une anecdote ou d’une connaissance d’un autre domaine

La transition consiste en ce cas à généraliser le problème, en montrant qu’une véritable compréhension du fait exposé dans l’amorce dépend de la compréhension du problème posé par le sujet.

À partir d’un mythe ou d’une œuvre littéraire

La transition est une interprétation du récit de l’amorce, qui mène par réflexion au problème posé par le sujet.

Fin de la première partie de l’introduction

Au terme de ces deux étapes, vous pouvez recopier tel quel le libellé du sujet. Les deux premières étapes ont servi à l’introduire et à attacher de l’intérêt au problème qu’il pose ; l’amorce et la transition permettent de comprendre dans quelle mesure le sujet nous concerne, à quel point il nous plairait de voir résoudre le problème qu’il pose.

Analyse des termes du sujet

La deuxième étape de l’introduction consiste à aboutir à une problématique. Tous les éléments ont déjà été mis au jour. Il s’agit seulement d’organiser les résultats de l’analyse du sujet (voir séquence 1, deuxième partie), et de les exposer.

Définir ?

Un problème particulier se pose : faut-il définir les termes du sujet ? D’un côté, en effet, il faut savoir de quoi l’on parle exactement ; de l’autre, comment savoir dès le début du devoir ce que signifie une notion que l’on va précisément analyser au cours du devoir ?

Les définitions que l’on donne au début d’un devoir ont pour seule fonction de préciser un peu le sens des mots tel qu’on l’entend couramment et d’écarter des significations communes qui n’intéressent pas le sujet. Elles ne constituent pas un acquis définitif, mais un point de départ. Il vous faut donc proposer une définition de chacun des termes importants du sujet afin de délimiter le champ de votre réflexion ; mais personne ne sera surpris si, à la fin de votre travail, votre définition initiale apparaît incomplète. Le dire en conclusion vous aiderait même à mettre en relief la progression de votre devoir.

Formulation de la problématique

De l’analyse des termes du sujet doit découler la problématique, c’est-à-dire l’interprétation que vous donnez du sujet à la lumière de votre analyse. La problématique a été élaborée au cours de la séquence 3 ; vous n’avez ici encore qu’à recueillir les fruits de votre travail.

À titre d’illustration, voici à quoi peut ressembler l’analyse d’un sujet dans une introduction telle qu’elle aboutit à la formulation d’une problématique. Pour le sujet « La politique est-elle une technique ? », on peut proposer l’analyse suivante, à la suite de l’énoncé du sujet : « La technique est une pratique reposant sur le savoir, qui distingue l’homme compétent de l’ignorant. Puisque la politique est l’organisation la plus générale de la vie des hommes en communauté selon un certain mode d’exercice du pouvoir, la question est de savoir si tous les hommes disposent d’une certaine compétence en ce qui concerne l’organisation collective la plus générale de leur propre vie, ou s’il est au contraire réservé à certains savants du pouvoir de diriger les affaires d’un État. »

Au terme de la deuxième étape de votre introduction, le sujet est analysé et problématisé : vous savez désormais à quelle question vous allez chercher à répondre.

Annonce du plan

Reste à indiquer sommairement la façon dont vous allez procéder pour répondre. L’annonce du plan est un art réputé difficile : comment annoncer les grandes directions de votre recherche sans pour autant dévoiler le contenu de votre devoir ? La bonne annonce de plan ne doit en dire ni trop ni pas assez.

L’annonce d’un plan par thèses est relativement aisé, dans la mesure où il ne dévoile pas votre position.

Pour le sujet « La guerre est-elle absurde ? », voici ce que pourrait donner une annonce de plan par thèses : « Certes, une tuerie systématique qui engendre d’elle-même la haine qui la nourrit en retour n’a pas plus de sens qu’une humanité qui se détruit d’elle-même ; en revanche, lorsque les belligérants font abstraction de la réalité de la guerre, pour fixer leur attention sur le but qu’elle leur semble seule permettre, la guerre n’a rien d’absurde. Ne faut-il pas, à la lumière du rapport entre le moyen et la fin, reconsidérer le sens et le non-sens de la guerre, soit en distinguant les guerres absurdes de celles qui ne le sont pas, soit en faisant des époques les plus sombres de l’histoire humaine le délai de maturation hélas nécessaire à l’éclosion d’un monde meilleur ? »

L’annonce d’un plan par étapes dévoile le cheminement général de votre réflexion et l’imbrication réciproque de problématiques secondaires (voir séquence 4).

Pour le sujet « Ne peut-on juger que selon le bien et le mal ? », voici une annonce de plan par étapes possible : « La question qui se pose dans un premier temps est celle de la nature du bien et du mal : est-ce parce qu’il y a un bien en soi et un mal en soi que nous devons pratiquer l’un et nous abstenir de l’autre, ou est-ce parce que nous encourageons certains actes et condamnons d’autres que nous les qualifions de bien ou de mal ? À la lumière de l’un ou de l’autre principe, on peut se poser la question du jugement moral : est-il fondé en soi ou dépend-il des usages et des civilisations ? Enfin, selon la nécessité du principe de bien et de mal, ou sa contingence, il s’agit de savoir si un jugement de valeur qui userait d’autres concepts est possible ou s’il ne faut pas toujours finalement en revenir à une telle distinction. »

Vous noterez que le plan annoncé dans une introduction n’est pas nécessairement calqué sur la problématique (voir séquence 4). Cependant, lorsque le plan découle exactement de la problématique, vous pouvez vous dispenser de le formuler.

En ce qui concerne le sujet « La politique est-elle une technique ? », pris plus haut en exemple, aucune annonce de plan n’est nécessaire si vous suivez un plan par thèses. En revanche, aucune troisième partie n’y est annoncée. Si vous en envisagez une, il faut ajouter une phrase du type : « Mais peut-il seulement exister un tel savoir dans le domaine de la politique ou ne doit-on pas, au contraire, l’envisager comme un idéal auquel il faudrait renoncer, dans la mesure où il est dangereux d’y prétendre, pour se rabattre sur un pis-aller peu satisfaisant, mais qui nous épargne le pire ? »

Cherchez toujours à rendre bien évidentes les différentes parties que vous annoncez.

Conclure l’introduction

Au terme de l’annonce du plan, votre introduction est terminée. Vous pouvez cependant la conclure en rappelant par une simple allusion, sans s’y étendre, votre amorce : cela permet de rappeler le lecteur à l’intérêt du sujet, d’une part, et d’introduire votre développement, d’autre part. Pratiquez quoi qu’il en soit un tel rappel de votre amorce si vous la trouvez brillante ou particulièrement judicieuse.

L’accroche est un classique des méthodes de dissertation. Cet article explique ce qu’est l’accroche. Il présente les erreurs à éviter et fournit des conseils pour réussir son accroche. Il propose aussi des exemples. Enfin, l’article répond à la question « Faut-il vraiment faire une accroche ? » (pas sûr).

Qu’est-ce que l’accroche ?

L’accroche est le tout premier moment de la dissertation. Elle se compose d’une ou plusieurs phrases par lesquelles on débute l’introduction de sa copie.

L’accroche se situe juste avant la définition des termes du sujet. Sa fonction est d’amener vers l’explication des mots du sujet et vers la problématique.

On part d’un élément « quelconque » et on le rattache au sujet et au problème philosophique qu’on va étudier. Ce dont on part est globalement libre, ça peut être :

  • un fait historique
  • un élément d’actualité récente
  • une œuvre littéraire ou artistique
  • une expérience de la vie courante
  • un proverbe ou un lieu commun
  • une citation (déconseillé)
  • ou autre chose encore

L’idée est d’attirer l’attention du correcteur, de susciter son intérêt et d’éviter un début de copie « sec ». Je reviendrai sur ce point plus bas dans la section « Faut-il vraiment faire une accroche ? »

Les erreurs à éviter en accroche

Faire trop long. Une accroche de 2-3 lignes suffit largement. Passé 5 lignes, c’est souvent trop : on perd son temps. L’objectif de l’accroche est d’amener vers ce qui est vraiment important dans la dissertation. Elle n’a pas en elle-même un grand intérêt.

Partir d’un élément inconnu au correcteur. Le lecteur ne sera pas « accroché » s’il ne sait pas de quoi vous parlez. Et vous ne devez pas gaspiller 10 lignes pour expliquer l’exemple que vous avez choisi. L’idéal est de privilégier un élément de culture générale extrêmement célèbre (Madame Bovary, Star Wars Épisode IV, etc.) ou une expérience de la vie quotidienne.

Prendre trop longtemps à choisir votre accroche. 3 minutes, pas plus. Pas besoin de chercher l’accroche parfaite qui rendrait votre copie « unique » et « géniale ». Réservez votre temps pour travailler la problématique, le plan et les arguments. Ce sont eux qui font la valeur de votre copie, bien plus que l’accroche.

Comment faire une bonne accroche ?

Soyez clair et précis. Vous parler d’un film, d’un roman, d’un essai ? Précisez le : « dans le film Le Seigneur des Anneaux ». Vous mentionnez un artiste ? Dites quelle est sa profession exacte : chanteur, peintre, etc. Ce genre de précaution simple évite des confusions.

N’allez pas chercher loin. Plus l’accroche est proche du sujet, plus il est facile de passer à la suite de l’introduction. Une remarque étymologique peut faire une bonne accroche. Une question sur le (ou les) sens d’un mot du sujet aussi. On enchaîne ensuite de façon fluide vers la définition des termes et l’exposé de la problématique.

Évitez les citations. Toute citation doit être expliquée. En plus de recopier la citation, vous devez préciser ce qu’elle signifie et justifier de sa pertinence. C’est beaucoup de choses à rentrer dans le court moment de l’accroche. Saufcitation extrêmement brève, mieux vaut éviter.

Exemples d’accroches

Les exemples ci-dessous sont issus de bonnes copies, mais ils sont malheureusement de niveau CAPES / agreg (les concours pour devenir prof de philo). C’est tout ce que j’ai sous la main.

Sujet : Peut-on ne pas être soi-même ?
« Sois toi-même ! » L’injonction est courante, et souvent entendue par celui qui se prépare avec anxiété pour un important rendez-vous. Derrière sa banalité, la formule a de quoi surprendre.

Sujet : L’interprétation est-elle sans fin ?
Recourir à un interprète, c’est viser un certain but au-delà duquel l’interprète pourra être congédié. De même interpréter ne se fait jamais sans viser une quelconque fin […]

Sujet : La technique transforme-t-elle l’existence humaine ?
Compris comme regroupant tout ce par quoi l’homme altère son environnement afin de mieux l’adapter à ses besoins, la technique assiste les hommes dans le moindre de leurs gestes quotidiens, de ceux qui élaborent une horloge rudimentaire à ceux de la production au sein d’une entreprise.

Sujet : Qu’est-ce qui est premier ?
Personne ne s’attend à ce que celui qui a terminé premier au Tour de France réitère l’exploit en décrochant le prix Goncourt.

Dans tous ces exemples, les étudiants ont choisi d’être très brefs. Leurs « accroches » sont minimalistes et presque inexistantes. Mais elles préparent la suite de l’introduction : la définition des termes, qui elle-même conduit à la problématique.

Faut-il vraiment faire une accroche ?

Une bonne accroche est un « plus » pour une copie déjà excellente. Mais elle ne sauve pas une dissertation si les bases de la méthode ne sont pas acquises (problématique, plan, progression). C’est pourquoi on dit parfois que l’accroche est facultative.

On conseille alors de passer directement à la définition des termes du sujet et d’y accorder plus de temps. On évite ainsi de chercher une accroche, de tenter de faire un lien artificiel avec le sujet, et on se concentre sur l’essentiel.

Plus intellectuellement, on peut douter de l’utilité de l’accroche. L’accroche a une dimension « cosmétique » : elle rend la copie moins « sèche », elle la peaufine. Mais l’idée même d’accroche semble paradoxale pour 3 raisons :

1. L’accroche est censée « intéresser » le lecteur, « capter son attention ». Mais qui lit des dissertations ? Des correcteurs, qui sont payés pour ça. Ils n’ont pas besoin qu’on les attire vers la copie comme s’ils n’allaient pas la lire sans ça (!)

2. L’accroche propose de partir d’un élément éloigné de la philosophie, pour le « raccrocher » au sujet et à un problème philosophique. Elle demande de trouver quelque chose qui n’a rien à voir avec ce qu’on fait (de la philo), puis de montrer qu’en fait si, ça a bien un rapport.

3. Enfin, l’accroche cherche à « attirer l’attention » d’un prof de philosophie en lui parlant de tout, sauf de philosophie. Elle semble suggérer qu’il y a des choses philosophiques ailleurs qu’en philosophie. Comme si les philosophes n’étaient pas au courant…

Bref, l’accroche est facultative. Si vous maîtrisez très bien la dissertation et que vous souhaitez en faire une, pourquoi pas. Si vous n’êtes pas à l’aise avec l’exercice, n’hésitez pas à vous concentrer sur d’autres aspects de la dissertation et à réduire votre accroche au minimum.

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